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Le Vigneron du Val de Loire

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Esca : une explosion de symptômes cet été


Rédigé le Lundi 9 Octobre 2017


A partir de la fin juillet, ils sont apparus peu à peu avant d’exploser durant le mois d’août. Les symptômes de l’esca/BDA ont proliféré dans les vignes, qu’ils relèvent de la forme lente de la maladie ou de l’apoplexie. « 85% des parcelles suivies présentent des symptômes, contre 79% en 2016, 50% en 2015 et 92% en 2014, indique Michel Badier, de la chambre d’agriculture du Loir-et-Cher et rédacteur du BSV vigne sur la région. Les parcelles atteintes montrent toujours les deux formes d’expression et environ 50% d’entre-elles ont plus de 8% de souches présentant des symptômes. La maladie est très présente sur l’ensemble du vignoble et sur tous les cépages, à l’exception peut-être du côt ».
Pourquoi une telle recrudescence de l’esca ? Les conditions météo de l’été ont favorisé l’extériorisation des symptômes. Pour Adeline Mallet de la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire, l’explication réside aussi dans l’impact du gel et de la sécheresse. « Les gels de ces dernières années ont fortement mobilisé les réserves des vignes et réduit leurs capacités de défenses. Dans les périodes de forte chaleur et de stress hydrique, la vigne a d’importants besoins en eau pour l’évapotranspiration. Or la quantité de vaisseaux fonctionnels est réduite par l’esca. La vigne peut alors être touchée par une embolie gazeuse, avec une explosion de vaisseaux et une apoplexie ».
Les vaisseaux des vignes peuvent aussi être fragilisés par des rognages en pleine chaleur. « La suppression brutale d’une partie du feuillage stoppe la circulation de l’eau dans les vaisseaux et peut entraîner un à-coup de pression violent », indiquent les conseillers viticoles de la chambre d’agriculture tourangelle. « Renforcer la résistance des vignes se gère dès la plantation. Une large part des réserves d’amidon se situe dans les racines. Celles-ci doivent mesurer 6/7 cm et être disposées en étoile pour optimiser l’exploration racinaire. La mise à fruit doit être retardée pour orienter les sucres sur les racines », poursuit Adeline Mallet. La limitation du stress hydrique passe par l’enherbement hivernal, le travail du sol, la création de fossés et de haies.  
A la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire, Anastasia Rocque travaille sur un nouveau programme de lutte contre l’esca et les autres maladies de dépérissement, « Mobilisation et Innovation vigneronne ».  « L’idée est d’impliquer les vignerons, qui pourront proposer des idées d’expérimentations sur le matériel végétal ou la fertilisation foliaire par exemple ». Plusieurs réseaux d’essais seront mis en place en lien avec les ODG.

Ingrid Proust




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