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Le Vigneron du Val de Loire
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Le grand écart des rendements 2026


Rédigé le Jeudi 27 Août 2026


En juin, 2026 présentait un schéma quasi idéal. L’était sanitaire était parfait, nécessitant peu de traitements. L’induction florale était très bonne. Les mises en réserve de la plante, également. Sauf que la sécheresse s’est invitée dans la saison, provoquant des pertes de rendement là où la pluie s’est faite rare. Le point par vignoble et par cépage.

Nantais : « Hors normes », voilà comment la Fédération des Vins de Nantes qualifie le millésime 2026. Le coup d’envoi des vendanges a été donné dès le 10 août dans certains domaines avec des équilibres jamais vus à cette période de l’année. Seule ombre au tableau : les volumes ne seront pas ceux espérés au moment de la floraison en raison de la sécheresse et du manque d’eau. Certains secteurs s'en sortent toutefois mieux que d’autres et les parcelles de melon les plus anciennes ont mieux résisté. Christophe Vilain, président de la Fédération viticole, s’attend à une fourchette de rendement assez large, comprise entre 25 et 40 hl/ha en Muscadet. Les volumes devraient être supérieurs pour la folle blanche, quant au gamay et au pinot gris malvoisie, les premiers retours font état d’une récolte « correcte ». En Coteaux d’Ancenis, les gamays ont toutefois été ramassés très précocement. « Il y a eu une modification de l’ordre des cépages récoltés car il y avait de la concentration sur les gamays. Ceux en IGP étaient d’ailleurs à des degrés plus élevés que les gamays des Coteaux d’Ancenis », indique Romain Mayet, ingénieur à la Fédération des Vins de Nantes.

Anjou-Saumur : Du bon et bon moins bon. Alors que la récolte est encore en cours pour quelques semaines pour aller jusqu’aux rouges et aux vins liquoreux, un premier bilan fait état de rendements très hétérogènes. Avec des données très proches entre l’Anjou et le Saumurois. Dès les premiers coups de sécateurs, le 10 août, certains secteurs qui avaient pu bénéficier de 40 ou 50 mm de pluie les semaines précédentes affichaient des rendements pleins pour le Crémant de Loire. Ce sera le cas pour le chardonnay, le pinot noir, le chenin et le cabernet franc ici ou là. Sans parler du généreux grolleau, qui a toujours tendance à casser les plafonds quand il peut s’exprimer en volume.
A l’inverse, le cabernet franc arbore des rendements d’à peine 30 hl/ha dans les secteurs très secs, en particulier sur des vignes encore jeunes, en mal d’un enracinement profond. Et c’est encore pire sur les chenins où la grillure a tué dans l’œuf du jus potentiel. 15 ou 20 hl sont attendus sur certaines parcelles, voire moins.
Au final, 2026 ne sera pas généreux en volume, mais pour l’heure, la qualité semble être au rendez-vous, avec des acidités qui tiennent encore.

Touraine : Précocité exceptionnelle pour le sauvignon : des parcelles ont été vendangées dès le 6 août. « Les degrés progressaient rapidement, les raisins faisaient déjà 12, 13° voire plus », relate Denis Bourdin, président de la FAV 41 et de la cave de St-Romain. Beaucoup de vignes ont eu de l’échaudage et des grillures, avec beaucoup de concentration dans les baies, donnant 30 à 35 hl/ha en moyenne. Mais les profils aromatiques sont nickels ».
"Les producteurs ont vendangé tôt pour éviter la flambée des degrés et la perte de volumes, et pour garder les profils aromatiques habituels, commente Lionel Gosseaume, président de l'ODG Touraine. On ne sera pas sur un profil 2024, mais il n'y a pas eu partout d'arômes de fruits mûrs, il y a eu aussi des profils plus frais, citronnés, ou très thiolés. Les maturités ont été hétérogènes selon les rendements, la pluviométrie, le type de sol". Côté rendement, l'amplitude est grande : "certaines vignes n'ont donné que 15 hl/ha, d'autres 55, constate Lionel Gosseaume. Les pluies de fin août ont permis un léger gain en volume sur les vignes qui avaient encore un peu de potentiel. Espérons que l'on aura au moins 35 hl/ha en blanc sur l'AOC". 
Dans l’AOC Vouvray « les vendanges ont commencé dès le 20 août pour certains domaines, indique Denis Breussin, président de l’ODG. Les vins sont très solaires, il y a eu des jus trop riches ne correspondant pas au marché ». Des vignerons évoquent des degrés qui ont parfois nettement dépassé les 15°. L’ODG n’a pas demandé d’augmentation exceptionnelle du TAV acquis. "Les acidités ont été très basses, dans notre AOC comme ailleurs, relève par ailleurs Denis Breussin. Mais en 2003 nous avions eu le même souci et ce millésime vieillit bien". Côté rendement, le président de l'ODG dit espérer "40 hl/ha en moyenne, les situations sont très hétérogènes. Avec la grêle et la sécheresse, certains n'ont rentré que 15 ou 20 hl/ha". 

L’orage du 26 août et les pluies des jours suivants ont permis de regonfler les baies. «Pour les cabernets, il n’y aura pas de dilution je pense car les maturités n’étaient pas encore atteintes, même si on a de la richesse dans les baies, du fruit, de la sucrosité. Mais nous n'aurons pas de rendements élevés », commentait fin août Clothilde Pain, présidente de l’ODG Chinon. A Saint-Nicolas, la présidente de l'AOC Stéphanie Morin ne s'attend pas non plus sur une récolte généreuse. « Dans certains terroirs en stress hydrique, les rendements sont très en-dessous de la moyenne, constatait la présidente de l’ODG le 9 septembre. Côté qualité, « Les acidités sont basses, mais les aromatiques sont très intéressantes, rappelant les 2003 et 2005. Les pluies fin août ont fait baisser les taux d’alcool probables. L’année est très qualitative". 




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