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Le Vigneron du Val de Loire
L'information viticole pour les professionnels

Faire les vendanges pour un nouveau départ


Rédigé le Vendredi 5 Novembre 2021


Crédit Spip Blois
Crédit Spip Blois
« Pour moi il est important que les différents milieux se mélangent, que ces personnes voient autre chose que la prison, la cité ». Vigneron près de Cheverny, Cyrille Sevin a embauché, pour la troisième année consécutive, quatre détenus en fin de peine dans son équipe de vendangeurs. « La première année, j’avais un peu d’appréhension. Mais parmi tous les détenus que j’ai engagés, il n’y en a qu’un seul que je n’ai pas gardé jusqu’à la fin des vendanges. Tous les autres ont été travailleurs. Je leur fais côtoyer les autres saisonniers et ils insufflent quelque chose au groupe ».
Vigneron près de Vouvray, Frédéric Bourillon ne regrette pas non plus son choix depuis 2019 : « Cette année, ils étaient six détenus aux vendanges. Cela s’est bien passé. Ces jeunes n’avaient pas l’habitude de travailler, ils n’étaient pas très rapides, mais ils se sont bien intégrés ».
Pour Anne-Valérie Rio, directrice pénitentiaire d’insertion et de probation à Blois, « ces expériences sont riches d’une dimension humaine, au-delà du travail. Je me souviens d’un détenu pour qui cela a été une révélation en terme de sociabilisation, de travail. Globalement, la réinsertion par le travail fonctionne bien. Les détenus se sentent valorisés et cela les met plus vite au contact du monde professionnel ».
Ces détenus volontaires pour travailler aux vendanges en semi-liberté ont été sélectionnés par les services pénitentiaires. Ils sont rémunérés comme un saisonnier débutant. « C’est important de travailler. Et ici l’ambiance est bonne et le patron est cool », sourit un des prisonniers. « Il y a peu de travail en détention et la réinsertion est difficile. A Blois, le service pénitentiaire d’insertion et de probation, les juges d’application des peines et  le procureur sont ouverts et veulent donner leur chance aux détenus. Il faudrait que d’autres vignerons soient aussi volontaires », explique un autre vendangeur en semi-liberté.
« Nous souhaitons développer ces expériences en agriculture, en viticulture, où il existe un important besoin de main d’œuvre. Nous avions le projet de former des détenus à la taille, mais cela a été reporté avec le Covid », indique Gérald Pidoux, directeur de la maison d'arrêt de Blois. « Une rencontre est bientôt prévue entre le SPIP et le lycée viticole d’Amboise », annonce  Isabelle Defrocourt, directrice de la FAV 41. « Des détenus seraient volontaires pour revenir travailler en vigne, confie Frédéric Bourillon. Moi je suis toujours partant ».  
I.P.




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