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Le Vigneron du Val de Loire
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"La préfète d’Indre-et-Loire ordonne la destruction de mon vin"


Rédigé le Mardi 7 Mai 2019


L’administration française veut-elle la peau des vins nature ? Sébastien David n'est pas loin de le penser. Le vigneron de Saint-Nicolas-de-Bourgueil produit en bio et en biodynamie des vins qu’il vinifie et élève pour certains en jarres. C’est le cas de sa cuvée Coef 2016, un cabernet non-sulfité en AOC Saint-Nicolas-de-Bourgueil que la préfète d’Indre-et-Loire lui a récemment ordonné de détruire. Une décision dénoncée par Sébastien David sur les réseaux sociaux. Le vigneron a recueilli une avalanche de soutiens parmi les internautes, une pétition en sa faveur a recueilli sur Internet plus de 100 000 signatures en quatre jours.... Plusieurs médias nationaux ont relayé l’affaire, comme RTL, TF1, Le Figaro. L'ODG de Saint-Nicolas-de-Bourgueil a aussi posté un message de soutien sur Facebook en demandant "à ce que cette affaire soit clarifiée".

L’histoire débute il y a quelques mois, lorsque Sébastien David reçoit la visite d’un agent de la Direccte (DGCCRF). « Il m’a prélevé trois bouteilles par hasard de mon vin COEF 2016. Suite à l’analyse de mon lot de bouteilles restantes, le BIEV (Bureau d’Investigation des Enquêtes Vinicoles) indique avoir détecté une teneur en acidité volatile « hors norme » au-delà de la marge d’incertitude et ce malgré une analyse organoleptique de la technicienne du même labo ‘acceptable’ », explique le vigneron. Il indique avoir fait réaliser des contre-analyses, « qui se sont révélées être par deux fois en ma faveur puisqu’en dessous de ladite ‘norme analytique’ et sans même faire intervenir la marge d’incertitude ».
Le lot incriminé, un peu plus de 2 000 bouteilles et d'une valeur annoncée de 50 000 € environ, a été bloqué. « Les inspecteurs ont saisi le tribunal de grande instance de Tours, qui n’a pas donné suite trouvant peut-être la faute ‘non recevable’ et levant la mainlevée sur mon lot. Mais quelle ne fut pas ma surprise quand le même jour j’ai reçu de la part de la préfète d’Indre-et-Loire un arrêté me demandant de me rapprocher sous un mois des services de la Direccte afin de faire détruire mon lot », poursuit le vigneron. Sébastien David signale qu’il a demandé des explications à la préfète, en vain. « Je n’ai pas eu comme autre choix que de faire un référé afin de stopper la destruction de ce lot, qui représente un tiers de mon chiffre d'affaires sur le millésime 2016 ». 

Le vigneron fustige "un acharnement, une décision disproportionnée pour un vin qui n'est susceptible de devenir que du vinaigre, et encore. Son acidité volatile est en train de se dégrader. Mon vin n'est pas dangereux, je ne comprends pas la décision de la préfète". Président de Loire Vin Bio, Sébastien David souhaite, au-delà de son cas, "faire avancer la cause des vins nature. En moins de 10 ans nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir retrouver nos fondamentaux. C’est le 0,1 % qui gêne, dérange et agit comme du poil à gratter ».
Le tribunal administratif d’Orléans se prononcera au fond sur l’affaire ce lundi 13 mai.
Ingrid Proust




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