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Le Vigneron du Val de Loire
L'information viticole pour les professionnels

La grêle n'a pas épargné le Val de Loire


Rédigé le Mardi 7 Juin 2022


A la différence des épisodes gélifs qui frappent plus largement, les orages de grêle sont toujours très localisés. Mais ils sont beaucoup plus redoutables. La grande vague qui a touché le pays pendant le week-end de Pentecôte n’a pas épargné le sud du vignoble d’Anjou-Saumur. En début d’après-midi, samedi 4 juin, un très violent orage s’est abattu sur quelques communes du Maine-et-Loire (Brézé, Epieds…) et de la Vienne (Saix…), filant ensuite vers les Deux-Sèvres aux alentours de Thouars. Un couloir d’environ deux kilomètres qui a totalement ravagé les cultures, que ce soit les grandes cultures, le maraîchage ou la vigne. “Ça a cogné dur”¸ relate Laurent Ménestreau, le président de la Fédération viticole, dont l’exploitation à a subi quelques dégâts sans trop de gravité au regard des zones voisines. Selon les témoignages, les grêlons mesuraient 2 à 3 cm de diamètre, hachant les végétaux, brisant des vitres des habitations, cabossant les véhicules, endommageant les toitures… “A 18h, une partie de cette grêle était toujours au sol”.
Les vignes les plus meurtries, totalement décharnées, ne produiront rien cette année, et la récolte 2023 sera également impactée. C’est donc une lourde perte pour les vignerons touchés. “C’est difficile à estimer, mais il y aurait entre 200 et 300 ha de vignes de concernés”, souligne Laurent Ménestreau.
Plus à l'est, en Indre-et-Loire et en Loir-et-Cher, les pluies torrentielles et la grêle ont  meurtri au moins 170 ha de vignes selon une première estimation, le long de la Loire, de la Vienne et de l’Indre. L’appellation Bourgueil a été particulièrement touchée sur l’est du vignoble, sur Ingrandes, Saint-Patrice, avec un pépiniériste et plusieurs domaines impactés sur une centaine d’hectares le 4 juin, dont le vignoble de Philippe Boucard. « J’ai eu trois hectares détruits, où je ne vais récolter que 5 hl/ha, et une vingtaine d’autres hectares touchés, où le potentiel est tombé à 25 hl/ha et où nous avions déjà  pris le gel l’an dernier. Le sens du rang a été déterminant sur l’intensité des dégâts. Les rangs nord sud sont beaucoup moins abîmés que les rangs orientés est ouest. »
La grêle s’est aussi abattue ce samedi 4 juin sur le nord-ouest de l’appellation Chinon, sur Saint-Germain-sur-Vienne, Savigny-en-Véron  et Huismes. Des grêlons parfois gros comme des balles de ping-pong ont blessé ou détruit des vignes sur au moins une vingtaine d’ha. « La grêle a atteint des vignes de Touraine-Azay-le-Rideau, à Lignières, Vallères, Cheillé, Rivarennes. Certains domaines ont été touchés à 80% voire 100% sur 17 ha », indique Camille Roubière (Caillau), directrice de la FAV 37-72.  Sur Montlouis, « une vingtaine d’ha sont touchés sur la pointe de Rochepinard », signale Hervé Denis, président de la Cave des Producteurs. « Des vignes ont été grêlées sur Vouvray, Vernou, Chançay (pour certains  sur 15 à 20% de l’exploitation), Reugny, Noizay (jusqu’à 20% de baies impactées) », détaille Camille Roubière. La FAV recense peu de dégâts dans les vignes en  AOC Touraine sur l’Indre-et-Loire, sauf sur Mosnes près d’Amboise, et pas de dommages sur Touraine Noble Joué, Saint-Nicolas et Coteaux du Loir/Jasnières.

« Le réseau para-grêle Adelfa semble avoir bien fonctionné, tous les diffuseurs ont été activés, et les grêlons étaient moins gros sur les zones couvertes », déclare Benoît Gautier, président de la FAV 37-72.
« Nous n’avons pas encore connaissance du nombre total d’ha touchés. Au regard des dégâts, une reconnaissance en calamités agricoles, une demande d’autorisation d’achats de vendanges pourront être activées. Une fois les conséquences mieux appréhendées, nous pourrons monter une demande de dégrèvement d'office de la TFNB et de prise en charge de cotisations MSA », poursuit Camille Roubière.

En Loir-et-Cher, la grêle a aussi fait des dégâts samedi. En particulier sur le vignoble Touraine-Mesland, tout proche de la Loire. « Quasiment toutes mes vignes ont été impactées par les grêlons, le vent et 50 mm de pluie tombés en 20 minutes. Sur 10 ha j’ai eu beaucoup de casse et des feuilles lacérées », témoigne Gilles Chelin, vigneron à Onzain. Selon Michel Badier de la chambre d’agriculture, « peut-être 25 à 30 ha ont été très touchés sur le département avec un impact fort, et 30 ha ont été partiellement atteints ».
Rappelons enfin, comme l’ont fait les pouvoirs publics à l’issue de ce terrible épisode, que la grêle fait partie des risques assurables. Et que la nouvelle mouture des assurances climatiques ne sera en vigueur qu’en 2023.




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