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Le Vigneron du Val de Loire
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Les candidats et le vin : acte 1


Rédigé le Vendredi 31 Mars 2017

L’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai prochains s’annonce d’ores et déjà comme l’une des plus indécises depuis de nombreuses années. Comme elle l’avait fait pour l’élection présidentielle de 2012, la Cnaoc a interviewé les principaux candidats (1) sur les principaux enjeux de la viticulture française. Une manière de rappeler aux candidats l’importance de la viticulture en France, de les amener à préciser leur politique et à s’engager. Tous les candidats qui ont été approchés ont accepté de répondre aux questions de la Cnaoc. 4 thèmes sont abordés : la lutte contre l’alcoolisme, la fiscalité sur les produits vitivinicoles, viticulture et environnement et la place du secteur viticole au sein de l’Union Européenne. Voici le premier volet.


Quelle politique de santé publique proposez-vous en matière de lutte contre l’alcoolisme ? Lutte contre les excès, comme c’est le cas jusqu’à aujourd’hui, ou lutte contre toute forme de consommation ?

François Fillon : Le vin est un élément constitutif de notre identité nationale, c’est l’âme de notre pays. La viticulture est un atout considérable en matière d’emplois et d’exportations. Il faut donc en défendre tous les aspects : culturel et bien-entendu économique. Sur la question de la modération, je veux vous dire que je ne relâcherai pas les efforts de prévention et de sensibilisation pour lutter contre la consommation excessive d’alcool qui est un véritable fléau, notamment pour les jeunes. C’est une problématique majeure de santé publique. Cependant comme sur beaucoup d’autres sujets en France, nous sommes allés trop loin. L’Etat doit savoir faire confiance et ne pas se montrer intrusif, sous prétexte de protection et de prévention. Je salue la modification de la loi Evin qui va dans ce sens en permettant de faire la différence entre publicité et information. La France est le pays du vin. Nous devons pouvoir en parler. »

Photo : Mathieu Delmestre
Photo : Mathieu Delmestre
Benoît Hamon : La lutte contre l'alcoolisme doit être une préoccupation permanente de la puissance publique ; nous avons tous en tête les dégâts de l'alcoolisme. Les campagnes de prévention doivent être poursuivies, voire amplifiées. L'essentiel est de responsabiliser le consommateur, le citoyen, face à la consommation de produits alcoolisés. Je ne suis pas convaincu par les approches prohibitionnistes en la matière, et, effectivement, je considère que l'éducation, la responsabilisation, pour lutter contre les excès sont à préférer plutôt que les interdits. J'estime également, que les produits vitivinicoles ne doivent absolument pas être réduits à leur seule dimension "alcool" ; ils appartiennent à notre patrimoine culturel, et nous savons tous que l'apprentissage de la dégustation, la découverte de nos terroirs et de leurs produits, constituent les meilleures façons d'encourager la modération et  d’éviter les excès.

Marine Le Pen : Je suis très attachée à notre patrimoine viticole, reconnu et envié dans le monde entier. Une consommation modérée d'alcool, notamment pendant les repas, fait partie des traditions françaises - n'oublions pas qu'il est même recommandé de boire un verre de vin rouge par jour ! Cependant, il est nécessaire de lutter contre l’alcoolisation massive des jeunes, et des moins jeunes, qui est un véritable problème, de même que l’alcoolisme chronique. Je pense qu’un véritable accompagnement et une politique de prévention auprès des populations les plus à risque (jeunes, précaires, ...) sont plus efficaces que des mesures d’ordre financier que certains autres envisagent (augmentation des taxes ou prix plancher).

Les candidats et le vin : acte 1
Emmanuel Macron : Comme vous le savez, je me suis personnellement engagé sur le sujet de la Loi Evin. La possibilité de communiquer sur l’œnotourisme dans un cadre juridique adapté a d’ailleurs été initiée dans le projet de Loi Macron. Le temps n’est plus à l’opposition permanente entre l’économie et la santé publique mais à l’efficacité de l’action publique. Je l’ai dit lors de l’annonce de mes mesures sur la santé, nous devons faire plus de prévention en France. C’est aussi le cas en matière de lutte contre les consommations excessives d’alcool où nous devons allouer plus de moyens à la prévention.

Jean-Luc Mélenchon : Nous devons surtout veiller à ce que les choix de santé publique ne soient pas pris en otage par des lobbies, qu’ils soient d’inspiration hygiéniste et prohibitionniste ou au contraire liés à des intérêts commerciaux. Le marketing agressif et consumériste vient plus de l'industrie des alcools forts que des producteurs de vin. La lutte contre les addictions doit être globale et préventive et ne pas laisser de côté les médicaments et notamment les psychotropes dont les prescriptions massives sont un désastre de santé publique nullement combattu aujourd’hui.

(1) Principe de sélection des candidats interviewés : Candidat ayant le soutien d’un groupe politique du parlement ou candidat crédité de plus de 10 % dans les sondages au 1er février 2017 
 




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