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Le Vigneron du Val de Loire
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Les vendanges, leur « deuxième chance »


Rédigé le Mardi 22 Octobre 2019


Les vendanges, leur « deuxième chance »
De nouveaux vendangeurs ont intégré cette année l’équipe de coupeurs dans les vignes de Frédéric Bourillon, vigneron à Rochecorbon, en AOC Vouvray. Huit vendangeurs un peu particuliers, puisque chaque soir ils étaient reconduits...à la maison d’arrêt de Tours. « Tout le monde a droit à une deuxième chance dans la vie, sourit Frédéric Bourillon. Ils ont bien travaillé. Ils se sont bien intégrés parmi les autres vendangeurs. Il était hors de question de les mettre à part ».
Ces détenus, condamnés à de courtes peines, ont été sélectionnés par la maison d’arrêt de Tours pour faire les vendanges, sous le régime du placement à l’extérieur ou en semi-liberté. Ils ont été encadrés dans les vignes par un surveillant. Une expérimentation inédite en viticulture en Indre-et-Loire, comme en Loir-et-Cher.
Dans ce département, c’est Cyrille Sevin, vigneron à Mont-Près-Chambord (AOC Cheverny) qui a embauché cinq détenus, suite à un appel de la FAV 41, sollicitée par la maison d’arrêt de Blois : « J’ai dit oui tout de suite. Ce travail favorise leur réinsertion. J’ai rarement vu des saisonniers aussi volontaires et serviables. J’avais aménagé les horaires de travail pour que les détenus aient le temps de boire un verre avec nous le soir avant de rentrer à la prison ».
« La loi permet de développer ces expérimentations pour favoriser la réinsertion de détenus en aménagement de peine et prévenir la récidive », explique François Monteso, du service Insertion et Probation de la maison d’arrêt de Blois. « Cela leur fait découvrir des métiers auxquels ils n’auraient pas pensé, et ils se sentent utiles », ajoute Anne David, juge d’application des peines au tribunal de Blois, venue avec le procureur voir les détenus dans les vignes.
« C’est la première et la dernière fois que je fais les vendanges, mais je suis content de travailler, et de gagner un peu d’argent », déclare l’un des détenus. Ils sont payés au Smic, embauchés en Tesa. « Les vendanges c’est moins pénible que d’être enfermé. Après ma sortie, peut-être que je retravaillerai en vigne », confie un autre. « C’est une expérience concluante pour les détenus, les services pénitentiaires et la profession. Face aux difficultés de recrutement, nous devons nous ouvrir à d’autres horizons », souligne Isabelle Defrocourt, directrice de la FAV41. L’initiative pourrait être renouvelée pour d’autres travaux viticoles.
Ingrid Proust




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